On est des hommes, nom de Dieu ....
Posted on Saturday, November 18, 2006 at 5:25 PM by Renaud
La semaine dernière j'ai pris une grande décision : essayer
de maigrir me forger un corps d'athlète en allant à la piscine
au moins une fois par semaine. Il parait que la natation ça fait
travailler tous les muscles, c'est bon pour le dos, patati... patata...
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Dimanche, tôt dans la matinée (vers 11h), je chevauche mon "qi che" (vélo) en direction de la piscine publique située à proximité de l'entrée Sud de Chaoyang Park. Après avoir compris où se vendaient les billets, me voilà dans les vestiaires avec la petite clef nécessaire pour ouvrir et fermer mon casier.
1ère impression : les vestiaires c'est pas du top moumoute ++ , mais bon "On est des hommes nom de Dieu ! c'est pas des petites bactéries qui vont nous arrêtez !". Donc je me change, je prépare ma serviette et m'engage dans le couloir qui mène à la piscine. Puis vient le moment où il faut traverser le tout petit bassin avec 10 cm d'eau qui permet de se rincer les pieds (je pense que toute le monde voit de quoi je parle, y'en a dans toutes les piscines municipales). Et là, je temporise,... malgré la faible profondeur il est plutôt difficile de distinguer le dessin des carrelages, je passe quelques secondes à réfléchir à l'origine de l'opacité de l'eau, mais j'évacue rapidement ces pensées nauséabondes en me rappelant : " T'es un homme nom de Dieu, c'est pas des.......".
Je traverse donc à grandes enjambées le rince-pied (si on peut dire !) et découvre le grand bassin. C'est un grand bassin type olympique, les lignes d'eau sont séparées par des bouées et, O joie, il y a quasiment personne (au pire on est deux par ligne d'eau). Malheureusement le bâtiment a mal vieilli, par défaut de maintenance sans doute, et des traces de corrosion sont visibles partout.
Je rentre dans l'eau et me lance dans mes 40 20 séries
de longueurs ininterrompues. Après un aller-retour d'échauffement, je
fais une première pause bien méritée et en profite pour examiner mon
environnement. Rien ne semble different des piscines de chez nous et
pourtant un détail m'intrigue : sur le rebord de la piscine, entre
chaque plot de départ (vous savez, les plots sur lesquels se positionent
les champions avant le départ d'une course) il y a une boîte grise (à
peu près deux fois la taille d'une boite à chaussures). De plus, cette
boîte présente une ouverture circulaire d'environ dix centimetres de
diamètre face à la ligne. Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre
qu'il s'agissait d'un ... crachoir !
Je vous explique (à côté de moi il y avait un chinois qui n'arrêtait pas de s'en servir) : le nageur chinois finit sa série et se repose, comme tout le monde, en se tenant au rebord de la piscine.
Il entame alors une minitieuse préparation de son crachat qui peut se résumer comme suit :
L'eau de la piscine aidant à liquifier les éléments contenus dans les conduits naseaux, il commence par un profond reniflage afin de faire descendre ces conglomérats gélatineux de son nez vers sa gorge. Cette opération peut être renouvelée plusieurs fois afin de s'assurer que tout ce qui était récupérable l'a été. Attention, entre deux reniflages, à ne pas avaler la précieuse substance.
Il effectue ensuite un raclement de gorge progressif (on commence doucement en accentuant jusqu'à être entendu par tout le monde), pour amener la matière première sur la base de la langue.
Enfin par une puissante expiration buccale il envoie le tout dans la boîte grise (j'en ai pas vu qui avait loupé leur coup).
C'était la première fois que j'observais ça dans une piscine. Sur le coup, ca surprend, mais après, on se dit bha...: "On est des Hommes nom de Dieu....."
Au fait, si y'en a d'autres que ça tente de venir nager, on peut se donner rendez-vous ! :-).